À l'occasion des 80 ans de la béatification de Marie-Thérèse de Soubiran, la Congrégation des Sœurs de Marie-Auxiliatrice et Vivre et Devenir ont souhaité un film reliant le XIXe siècle à quatre continents. Découvrez 14 minutes d'immersion sensible entre mémoire des lieux et voix du monde.
Pour célébrer les 80 ans de la béatification de Marie-Thérèse de Soubiran (20 octobre 1946 à Rome), la Congrégation des Sœurs de Marie-Auxiliatrice et l'association Vivre et Devenir souhaitaient un film d'ouverture marquant, capable de toucher aussi bien les soignants et éducateurs de terrain que le grand public.
Face à cette commande, deux pièges majeurs menaçaient d'emblée la réussite du projet :
L'écueil du documentaire musée : Raconter une biographie chronologique linéaire fige une fondatrice dans les archives jaunies du XIXe siècle, coupant tout lien avec les réalités concrètes du secteur médico-social moderne.
L'écueil géographique et technique : Faire entendre la voix de religieuses et soignantes réparties au Japon, au Cameroun, en Irlande, en Angleterre et en France. Sans le budget d'une multinationale pour sillonner le globe, le piège classique consistait à empiler des captures d'écran Zoom en plein format — froides, pixelisées et destructrices de toute émotion cinématographique.
La trajectoire de Marie-Thérèse de Soubiran repose sur un paradoxe fécond. Ce n'est pas elle qui a bâti les grands établissements de soins de Villepinte ou d'Épernay, mais ses successeures, alors même qu'elle avait été trahie et injustement chassée de sa propre congrégation en 1874. Elle vécut ses quinze dernières années dans un silence héroïque et un dénuement total à Paris.
Son œuvre s'apparente à la parabole du grain de blé : il doit tomber en terre et disparaître pour porter du fruit. Plutôt que d'aligner une frise de dates, l'écriture documentaire s'est articulée autour de trois résonances contemporaines :
Le décentrement (« Je ne suis qu'un canal ») : Habiter sa responsabilité quotidienne de soignant sans s'écraser sous la tyrannie du résultat immédiat.
L'hospitalité inconditionnelle : Des jeunes ouvrières tuberculeuses du XIXe siècle aux personnes en situation de handicap accompagnées aujourd'hui par Vivre et Devenir.
La fécondité de l'épreuve : Comment la dignité et le pardon d'une fondatrice face à la crise éclairent encore ceux qui traversent les tourmentes institutionnelles actuelles.
La plupart des religieuses interrogées au Japon, au Cameroun ou en Angleterre n'avaient jamais pu fouler le sol de la bâtisse où leur congrégation est née. Plutôt que de subir la platitude de la visioconférence, Regard-Soignant a imaginé une mise en scène cinématographique forte.
Nous avons installé un ordinateur portable sur un guéridon d'époque, sous une fresque religieuse du XIXe siècle, à l'endroit exact où Marie-Thérèse a vécu, marché et prié (Castelnaudary, Toulouse, Paris, Villepinte). En post-production, les visages et les voix des sœurs ont été incrustés dans l'écran, baignés par la lumière naturelle et la pénombre recueillie des lieux d'origine.
D'un coup, l'ordinateur portable n'est plus un outil bureautique froid : il devient une passerelle temporelle. Les graines semées il y a un siècle et demi reviennent littéralement habiter la pièce d'origine.
Cette approche a également permis de tourner le dos au film d'entreprise aseptisé : en regardant en face l'épreuve de 1874 et les quinze années de silence, le film libère une parole authentique, émouvante et d'une rare intensité.
Cent cinquante ans plus tard, que reste-t-il de la vie de Marie-Thérèse de Soubiran ? Non pas une statue figée dans le passé, mais un souffle. Une graine plantée dans le silence qui a traversé les frontières et les générations.
Voix-off du film documentaireProjeté en ouverture solennelle des célébrations des 80 ans de la béatification à la Paroisse Notre-Dame-de-Lorette (Paris 9e), le film a suscité une vive émotion auprès des participants et des délégations internationales. Il est aujourd'hui déployé comme un support pérenne de transmission auprès des communautés et des établissements médico-sociaux.
Inclusion & Milieu ordinaire
Une immersion sensible suivant des jeunes accompagnés qui s'émancipent au cœur d'une friperie solidaire et salon de thé à Hyères.
Attractivité RH
Une réalisation immersive montrant le savoir-faire invisible caché derrière chaque acte de soin et de confort.

Discutons de votre projet de film d'immersion — je vous montrerai comment lui donner une forme cinématographique forte.
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